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Accueil > Retraite à 60 ans : est-ce encore possible en 2026 ?
La question revient constamment dans nos échanges avec des personnes approchant la soixantaine. Et la réponse n’est pas simple, parce que 2026 est une année charnière : la réforme de 2023 est suspendue depuis le 1er septembre, de nouveaux décrets viennent tout juste d’être publiés, et d’autres sont encore attendus. Oui, partir à 60 ans reste possible en 2026 mais sous des conditions précises, qui dépendent entièrement de votre parcours.
Commençons par clarifier ce point. L’âge légal de départ à la retraite n’est pas 60 ans en 2026. Depuis la réforme de 2023, il a été progressivement relevé selon l’année de naissance, avec un objectif de 64 ans pour les générations nées à partir de 1969.
La suspension de la réforme toujours applicable a légèrement assoupli ce calendrier pour les générations 1964 à 1968, entre 3 et 6 mois de gain selon l’année de naissance. Mais l’âge légal reste bien au-dessus de 60 ans pour l’immense majorité des assurés.
Partir à 60 ans n’est donc pas un droit universel. C’est un droit conditionnel, accessible via des dispositifs spécifiques qui ne concernent pas tout le monde.
La carrière longue est le principal levier pour partir à 60 ans. Le dispositif de retraite anticipée pour carrière longue permet de liquider sa pension avant l’âge légal, à condition d’avoir commencé à travailler tôt et d’avoir cotisé suffisamment longtemps.
Quatre paliers de départ anticipé existent selon l’âge auquel vous avez débuté votre activité :
| Début d’activité avant… | Âge minimal de départ anticipé |
| 16 ans | 58 ans |
| 18 ans | 60 ans |
| 20 ans | 60 à 62 ans selon la génération |
| 21 ans | 63 ans |
Pour un départ à 60 ans, les deux conditions cumulatives sont les suivantes :
Condition 1 : avoir commencé à travailler avant 18 ans, attesté par au moins 5 trimestres cotisés avant la fin de l’année civile de votre 18e anniversaire (4 trimestres si vous êtes né entre le 1er octobre et le 31 décembre, ou si votre premier emploi a été validé en tant que non-salarié agricole).
Condition 2 : justifier d’une durée cotisée suffisante, qui dépend de votre génération. En 2026, les durées requises pour un départ anticipé à 60 ans (début d’activité avant 18 ans) sont les suivantes :
| Génération | Durée cotisée requise (départ à 60 ans, début avant 18 ans) |
| Née en 1964 | 170 trimestres |
| Née en 1965 (jan.-mars) | 170 trimestres |
| Née en 1965 (avr.-déc.) | 171 trimestres |
| Née à partir de 1966 | 172 trimestres |
Point de vigilance fondamental : la durée cotisée pour la carrière longue n’est pas la même que la durée d’assurance totale. Seuls les trimestres cotisés comptent, c’est-à-dire ceux issus d’une activité professionnelle effective ou de périodes assimilées expressément listées : maladie avec indemnités journalières (dans la limite de 4 trimestres), maternité avec indemnités journalières, service militaire, invalidité (dans la limite de 2 trimestres), points C2P convertis en trimestres. En revanche, les trimestres de chômage ne sont retenus que dans la limite de 4 trimestres, les trimestres de majoration pour enfants ne comptent pas (hors mesure du 1er septembre 2026 encore en attente de décret), et les périodes d’AVPF sont exclues. Cette distinction est la source principale des erreurs d’auto-évaluation.
La nouveauté du 1er septembre 2026 : les trimestres « enfants » dans la carrière longue
Comme nous l’avons détaillé dans notre sujet sur la suspension de la réforme, la LFSS 2026 prévoit l’intégration de jusqu’à 2 trimestres liés aux enfants dans le décompte de la durée cotisée pour la carrière longue. Pour les mères ayant dû interrompre leur carrière, cette mesure peut faire la différence entre une éligibilité au départ à 60 ans ou non. Le décret d’application est attendu mais n’est toujours pas publié à mi-juillet 2026.
Le C2P permet aux salariés exposés à des facteurs de risques professionnels de partir jusqu’à 2 ans avant l’âge légal. Pour un assuré dont l’âge légal est fixé à 62 ans, le départ peut donc intervenir à 60 ans.
Six facteurs de risque ouvrent des droits au C2P en 2026 :
Chaque année d’exposition génère des points C2P (8 points par an, 4 points l’année d’acquisition et de départ du dispositif). Ces points peuvent être convertis à raison de 10 points = 1 trimestre de majoration de durée d’assurance, dans la limite de 8 trimestres, soit 2 ans d’avancement du départ.
Point de vigilance : les points C2P peuvent aussi être utilisés pour financer une formation professionnelle ou un passage à temps partiel. Si vous les avez mobilisés à d’autres fins au cours de votre carrière, votre capital restant pour la retraite sera réduit d’autant. Il est indispensable de vérifier votre solde de points sur mon-cep.org avant toute décision.
Les assurés reconnus handicapés peuvent partir à la retraite de manière anticipée dès 55 ans, sous conditions. Pour ceux dont le taux d’incapacité permanente est d’au moins 50 %, le départ peut intervenir à 55 ans (et non 60 ans) avec une pension à taux plein, mais proratisée au nombre réel de trimestres validés.
Pour un départ à 60 ans, les conditions sont encore plus accessibles. Ce dispositif est très fréquemment ignoré par les personnes concernées, notamment parce que la reconnaissance du handicap ouvrant droit à ce départ anticipé ne se limite pas à une RQTH : elle repose sur un taux d’incapacité permanente attesté par la MDPH.
Depuis le 1er septembre 2025, la retraite progressive est accessible dès 60 ans pour les assurés justifiant d’au moins 150 trimestres validés tous régimes confondus. Ce n’est pas un départ à la retraite à proprement parler, mais c’est une transition : vous réduisez votre activité, percevez une fraction de votre pension, et continuez à accumuler des droits jusqu’à la liquidation totale.
Pour les salariés du privé, cette fraction de pension est calculée au prorata de la réduction d’activité. Si vous passez à 60 % de temps de travail, vous percevez 40 % de votre pension calculée à la date d’entrée en retraite progressive.
Ce dispositif est particulièrement pertinent pour les personnes proches de 60 ans qui ne remplissent pas encore les conditions du départ anticipé pour carrière longue mais souhaitent alléger leur rythme de travail. Il nécessite l’accord de l’employeur pour les salariés.
Certains fonctionnaires (infirmiers, policiers, agents de surveillance pénitentiaire, égoutiers, conducteurs de transport en commun) appartiennent à des corps classés en catégorie active ou super-active. Selon leur corps, le départ anticipé peut intervenir dès 52, 57 ou 59 ans selon les nouvelles règles en vigueur depuis septembre 2026.
Pour les infirmiers ayant opté pour le maintien en catégorie B lors de la réforme de 2010, le départ peut ainsi intervenir à 57 ans (pour les générations concernées par la suspension). Nous avons détaillé ces règles spécifiques dans notre article dédié à la retraite des infirmiers.
Quelques points méritent d’être clarifiés, car des confusions circulent :
La suspension de la réforme a eu un effet direct et immédiat sur les personnes proches de 60 ans en 2026 :
Ces aménagements, issus des décrets du 8 mai 2026, permettent à environ 10 000 personnes supplémentaires de partir en départ anticipé entre septembre et décembre 2026 selon les estimations de l’Assurance retraite.
L’éligibilité au départ à 60 ans dépend de conditions très précises, que beaucoup d’assurés évaluent mal de leur côté. Confondre trimestres cotisés et trimestres validés, oublier des périodes de chômage plafonnées, sous-estimer l’impact d’années à temps partiel : ces erreurs peuvent conduire à anticiper un départ qui n’est pas encore possible, ou à rester en activité plus longtemps que nécessaire.
Chez Perspectives Retraite, nous vérifions pour vous :
Prenez rendez-vous pour un premier échange offert, parce que partir à 60 ans, quand on en a le droit, ne devrait pas rester une incertitude.
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