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Retraite à 62, 64 ou 67 ans : quel est le meilleur choix pour vous ?

Auteur : Leïla Bikiny
Fondatrice Perspectives Retraite
Temps de lecture : 7 min
Partir à 62, 64 ou 67 ans : quel meilleur choix d'âge pour votre départ à la retraite ?

Le moment du départ à la retraite est une décision cruciale aux conséquences à long terme. Depuis la réforme des retraites de 2023, les règles ont évolué, et les questions se multiplient : peut-on encore partir à 62 ans ? Le nouveau seuil à 64 ans est-il incontournable ? Faut-il attendre 67 ans pour s’assurer une pension à taux plein ? Cet article vous offre un panorama complet pour prendre une décision éclairée et personnalisée.

Table des matières

Ce que change la réforme des retraites : les nouveaux repères

Depuis le 1er septembre 2023, l’âge légal de départ à la retraite est relevé progressivement de 62 à 64 ans. Ce relèvement concerne les personnes nées à partir du 1er septembre 1961, et s’étalera jusqu’en 2030. En parallèle, la durée de cotisation pour une retraite à taux plein atteint 172 trimestres (43 ans) pour les générations nées à partir de 1973.

Cependant, l’âge de 67 ans reste un pivot : il permet d’obtenir une retraite à taux plein, même sans avoir tous ses trimestres. Ce principe n’a pas changé avec la réforme.

 

Partir à 62 ans : encore possible, mais avec quelles conséquences et avec quelles conditions ?

Malgré la réforme, 62 ans reste l’âge minimum de départ à la retraite pour certaines catégories de personnes : carrières longues, invalidité, handicap ou pénibilité. C’est l’option la plus précoce, souvent synonyme de liberté retrouvée… mais vous pourriez percevoir une pension incomplète en fonction du nombre de trimestres validés. Taux plein ne veut pas dire pension complète. Choisir cette voie demande donc une analyse fine de votre situation (via un bilan retraite notamment), car elle peut impacter durablement le montant de votre pension.

Avantages :

  • Permet de partir plus tôt si les conditions sont remplies.
  • Idéal si espérance de vie réduite ou projet personnel urgent.
  • Possibilité de mise en place d’une retraite progressive, pour lever le pied tout en continuant de valider des trimestres

 

Contraintes :

  • Décote potentielle : une pension réduite si tous les trimestres ne sont pas validés.
  • Perte de revenus importante sur le long terme.
  • Impossibilité d’effectuer du cumul emploi-retraite intégral, vos revenus seront plafonnés

 

Un dossier vu récemment chez Perspectives Retraite :

Marie, salariée née en 1964, totalise 155 trimestres. Elle peut partir à 62 ans, mais sa retraite subira une décote d’environ 6,25 % par année manquante jusqu’à 67 ans.

 

Partir à 64 ans : le nouveau standard post réforme

Partir à 64 ans devient progressivement l’âge légal de référence pour la retraite en France. C’est désormais le nouvel âge pivot pour les assurés nés à partir de 1968, à condition d’avoir validé le nombre de trimestres requis (jusqu’à 172). Si vous remplissez ces conditions, vous pouvez obtenir une pension sans décote. C’est donc l’option « intermédiaire », à mi-chemin entre départ anticipé et retraite tardive.

Avantages :

  • L’âge légal pour les générations nées à partir de 1968.
  • Moins de décote si durée de cotisation quasi atteinte.
  • Possibilité d’effectuer du cumul emploi-retraite intégral si vous avez validé tous vos trimestres

 

Contraintes :

  • Requiert une carrière complète (43 ans pour certains) pour éviter la décote.
  • Peut entraîner fatigue ou baisse de motivation en fin de carrière.

 

Un cas classique : Julien, né en 1965, a cotisé 170 trimestres. Il pourra partir à 64 ans avec une retraite presque à taux plein.

 

Partir à 67 ans : le filet de sécurité du taux plein automatique

67 ans reste l’âge de garantie pour le taux plein : même si vous n’avez pas validé tous vos trimestres, vous bénéficierez de votre retraite sans décote. Cette solution peut s’avérer stratégiquement intéressante pour ceux qui ont connu des périodes d’interruption de carrière ou de travail à temps partiel. C’est aussi une option rentable pour les actifs souhaitant bénéficier de la surcote, ou simplement repousser leur départ pour des raisons personnelles ou financières.

Avantages :

  • Aucun abattement, même sans tous ses trimestres, mais une proratisation possible en fonction du nombre de trimestres validés.
  • Possibilité de surcote : +1,25 % par trimestre supplémentaire travaillé après 64 ans et au-delà de la durée requise.
  • Possibilité d’effectuer du cumul emploi-retraite intégral, sans condition de trimestres

 

Contraintes :

  • Trois années de travail supplémentaires.
  • Départ tardif difficilement conciliable avec certains métiers physiques, bien entendu.

 

Comparatif des options d’âge de départ à la retraite

Tableau synthétique des options, conditions et risques selon l’âge de départ à la retraite à partir de 2025 :

Âge de départ Conditions Pension Risques
62 ans Carrière longue / anticipation Taux plein si conditions réunies Pension incomplète possible
64 ans Standard génération 1968+ Taux plein si 172 trimestres Risque de décote si carrière incomplète
67 ans Taux plein automatique Surcote possible Retard de départ

 

 

Quels critères pour choisir son âge de départ à la retraite ?

Il n’existe pas de règle universelle pour déterminer le bon moment pour partir à la retraite. Ce choix dépend de nombreux facteurs personnels, professionnels et financiers. Voici les principaux critères à analyser avant de vous décider.

 

La santé : un critère souvent sous-estimé

Votre état de santé est l’un des premiers éléments à prendre en compte. Si vous exercez un métier physiquement ou mentalement éprouvant, ou si vous souffrez déjà de problèmes de santé, un départ anticipé peut vous préserver et améliorer votre qualité de vie à la retraite.

Dans certains cas, un départ pour inaptitude ou invalidité permet également de bénéficier d’une retraite sans décote, mais incomplète car le nombre de trimestres est proratisé au nombre de trimestres validés. Il est donc essentiel d’anticiper ces situations avec un professionnel pour en tirer le meilleur parti.

L’espérance de vie : un arbitrage long terme

Le calcul est simple : plus vous vivez longtemps, plus une retraite prise tard vous rapporte. Inversement, si vous partez tôt avec une décote et que votre espérance de vie est élevée, vous risquez de perdre plusieurs dizaines de milliers d’euros sur la durée.

Cet arbitrage dépend de nombreux facteurs : antécédents familiaux, hygiène de vie, stress au travail… même si ces éléments restent incertains, ils doivent entrer dans votre réflexion.

 

Votre situation familiale : ce que vous laissez derrière vous compte aussi

Votre situation conjugale et familiale a un impact direct sur vos choix :

  • Pension de réversion : si vous partez plus tard, vous augmentez la pension potentielle pour votre conjoint survivant.
  • Présence d’ayants droit : enfants à charge, ex-conjoint bénéficiaire, etc.
  • Besoin de temps familial : prendre sa retraite plus tôt pour accompagner un proche dépendant ou aider ses enfants peut être un choix assumé.

 

Votre patrimoine et votre épargne : amortir une retraite anticipée

Une sortie précoce, avec décote, est plus facile à encaisser si vous avez anticipé financièrement :

  • Épargne retraite (PER, assurance-vie, immobilier locatif…)
  • Revenus complémentaires déjà en place
  • Faibles charges à la retraite (crédit remboursé, enfants autonomes…)

 

Un bilan patrimonial croisé avec votre projet de départ peut vous permettre de « lisser » l’impact d’un départ anticipé, voire de le compenser totalement.

 

Partir à la retraite : les cas particuliers souvent oubliés

Certains éléments de votre parcours professionnel ou personnel peuvent avoir un impact méconnu mais significatif sur vos droits à la retraite. Ces situations, souvent négligées dans les relevés de carrière, peuvent pourtant vous faire gagner ou perdre plusieurs trimestres.

 

Expats : attention aux trimestres cotisés à l’étranger

Si vous avez travaillé à l’étranger, vos périodes d’activité peuvent parfois être prises en compte dans votre retraite française. Cela dépend :

  • Des pays concernés,
  • Des conventions bilatérales ou multilatérales signées avec la France (UE, Québec, Suisse, etc.),
  • Du type de contrat (détaché, expatrié, contrat local, etc.).

 

Attention, cette activité à l’étranger vous permet d’augmenter votre taux de liquidation, mais pas le nombre de trimestres. En effet, chaque pays paiera la pension suivant les trimestres cotisés  dans le pays. Un accompagnement expert est indispensable pour vérifier et, si besoin, régulariser ces périodes.

 

Périodes de service militaire, enfants, congé parental : quid des trimestres ?

Certaines périodes non travaillées mais reconnues par le régime général peuvent valider des trimestres gratuitement :

  • Le service national (jusqu’à 5 trimestres validés selon la durée).
  • Les trimestres pour enfants (pour chaque enfant, jusqu’à 8 trimestres au total dans le secteur privé, répartis entre maternité, éducation et majoration).

 

Ces périodes peuvent faire la différence pour atteindre le taux plein, mais elles n’apparaissent pas toujours automatiquement sur votre relevé de carrière.

 

Congés sabbatiques, formation, chômage : quels impacts sur votre retraite ?

Les périodes de congé sans solde, de formation professionnelle ou de chômage peuvent être prises en compte… ou pas. Tout dépend du statut exact que vous aviez et de la couverture sociale associée.

  • Le chômage indemnisé (France Travail) valide des trimestres.
  • Les formations rémunérées dans le cadre de la reconversion professionnelle peuvent aussi en valider.
  • Les congés sabbatiques ou césures non déclarées ne valident rien, sauf cotisations volontaires.

 

Un audit précis est souvent nécessaire pour retrouver des droits cachés ou mal comptabilisés.

 

Pourquoi l’accompagnement par un expert retraite est indispensable ?

Malgré les simulateurs en ligne, chaque situation est unique :

  • Des anomalies de carrière peuvent fausser vos droits.
  • Des dispositifs spécifiques peuvent vous être applicables sans que vous le sachiez.
  • Un choix mal anticipé peut engendrer des pertes à vie de plusieurs milliers d’euros.
  • Il peut également y avoir des surestimations dans les simulateurs en ligne et notamment pour les cadres ayant cotisé des points en Tranche C pour l’Agirc Arrco.

 

Confier l’analyse de votre dossier retraite à un expert vous permet de prendre la décision la plus stratégique sur votre âge de départ à la retraite. Le coût de la prestation est souvent vite rentabilisé via les dispositifs d’optimisation et le confort généré, en fonction des cas.

 

Perspectives Retraite pour déterminer votre âge idéal de départ à la retraite

Vous l’aurez compris, il n’y a pas de réponse universelle. Le bon choix dépend de vos trimestres, votre santé, vos objectifs et votre situation financière.

Avant de prendre une décision aussi structurante, faites appel à un expert retraite : chez Perspectives Retraite, nous analysons votre situation et construisons un scénario sur mesure pour sécuriser votre avenir.

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5 réponses

  1. Bonjour
    Je suis conscient a 56 ans je vais devoir travailler 2 ans de plus jusqu’à 64
    Si mes calculs sont bons à 63 ans j’aurai tout mes trimestres
    Quand vous avez cotisé 40 ans j’ai pas dit 43 ans
    Ne méritez-vous pas de profiter 20 ans de retraite avant d’avoir des problèmes de santé
    Tout le monde ne vieillit pas jusqu’à 100 ans
    64 ans âge de départ si pour un homme l’espérance de vie et de 76 ans
    J’aurais donc profité 12 ans de retraite
    Il y a pas un léger malaise
    Et quand j’entends dire il faudra peut-être travailler jusqu’à 67 ans ça fait peur
    L’être humain n’est pas fait que pour travailler il a le droit aussi de profiter de tous ses efforts c’est le fruit de la récompense

  2. Bonjour j’ai continuée jusqu’à 67 ans car 13 ans de cotisation dans la FPT moralité 263 euros BRUT

    1. Bjr et dire un député après un mandat de 6 ans touché à la retraite plus 600e avant 2017 il touche pour la même période 1300e . Vive 1789

    1. Bonjour,

      En réponse à votre interrogation :
      L’application du minimum de 1200 euros n’est pas automatique pour tous les retraités. Cette mesure concerne principalement les personnes ayant cotisé toute leur vie avec des revenus autour du SMIC.
      Il faut justifier d’une carrière complète à temps plein, et d’un niveau de salaire n’ayant jamais dépassé le SMIC.
      Espérant avoir répondu à votre interrogation.
      L’équipe Perspectives Retraite

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