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Accueil > Suspension de la réforme des retraites : ce qui change vraiment au 1er septembre 2026
Nous avions couvert le vote de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 en mars dernier. Depuis, les décrets d’application sont progressivement publiés et certains manquent encore. À quelques jours du 1er septembre 2026, date d’entrée en vigueur des nouvelles règles, voici le point le plus complet possible sur ce qui change concrètement, pour qui, et ce qui reste encore à confirmer.
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, adoptée le 16 décembre 2025, suspend la réforme des retraites de 2023 jusqu’au 31 décembre 2027. Cette suspension ne supprime pas la réforme : elle la gèle temporairement. Concrètement, le relèvement progressif de l’âge légal vers 64 ans et l’allongement de la durée de cotisation sont mis en pause pour les générations nées entre 1964 et 1968.
Par ailleurs, la loi introduit plusieurs mesures nouvelles qui s’appliquent à partir du 1er septembre 2026 : assouplissement des carrières longues, nouveau mode de calcul pour les mères, congé de naissance, réforme du cumul emploi-retraite. Le tout à condition que les décrets d’application soient publiés à temps.
C’est la mesure la plus attendue. À partir du 1er septembre 2026, l’âge légal de départ à la retraite évolue selon l’année de naissance. Voici le tableau des nouvelles règles applicables aux départs à partir de cette date :
| Génération | Âge légal de départ | Durée requise pour le taux plein |
| Née en 1964 | 62 ans et 9 mois | 170 trimestres |
| Née en 1965 | 63 ans | 171 trimestres |
| Née en 1966 | 63 ans et 3 mois | 171 trimestres |
| Née en 1967 | 63 ans et 6 mois | 172 trimestres |
| Née en 1968 | 63 ans et 9 mois | 172 trimestres |
| Née à partir de 1969 | 64 ans | 172 trimestres |
Par rapport au calendrier initial de la réforme de 2023, les générations 1964 à 1968 gagnent entre 3 et 6 mois. Selon l’Assurance retraite, environ 2,2 millions de personnes sont potentiellement concernées, dont 1,2 million qui pourraient anticiper leur départ d’environ trois mois en moyenne.
Point de vigilance : jusqu’au 31 août 2026, l’ancienne réforme reste applicable. Un départ programmé avant le 1er septembre n’est pas affecté par la suspension.
Les deux décrets publiés au Journal officiel le 8 mai 2026 (n° 2026-344 et 2026-345) ont précisé les conditions du dispositif de départ anticipé pour carrière longue à partir du 1er septembre.
Le principe ne change pas : pour partir avant l’âge légal, il faut avoir commencé à travailler avant 16, 18, 20 ou 21 ans, et avoir validé au moins 5 trimestres cotisés avant la fin de l’année civile de ces âges (4 trimestres pour les personnes nées au dernier trimestre ou dont le premier emploi a été validé en tant que non-salarié agricole).
Ce que la suspension change concrètement : pour certaines générations, la durée totale de trimestres cotisés requise est réduite d’un trimestre. Par exemple, une personne née en 1965 qui devait réunir 172 trimestres cotisés n’en doit plus que 171. Dans certains cas, cet allègement peut permettre d’avancer le départ de 3 mois.
C’est la mesure la plus attendue par les mères de famille, et la plus délicate sur le plan réglementaire. La LFSS 2026 prévoit que jusqu’à 2 trimestres liés aux enfants puissent être intégrés dans le décompte des trimestres « réputés cotisés » nécessaires pour accéder au dispositif carrière longue.
Quelques précisions importantes issues des projets de décret transmis à la CNAV en mai 2026 :
Selon les estimations gouvernementales, entre 6 000 et 12 000 assurées supplémentaires pourraient accéder chaque année au dispositif carrière longue grâce à cette mesure.
Point de vigilance : au 15 juillet 2026, le décret d’application précisant ces modalités n’est toujours pas publié au Journal officiel, malgré des annonces répétées de parution « imminente » depuis mai. Des futurs retraités ayant prévu de partir en septembre 2026 se retrouvent dans l’impossibilité de finaliser leur dossier. L’Assurance retraite a indiqué que les mises à jour informatiques nécessaires interviendront après publication des textes.
C’est la deuxième grande mesure pour les femmes et là aussi le décret n’est pas encore publié à la date de rédaction de cet article.
La LFSS 2026 prévoit que le Salaire Annuel Moyen (SAM), base de calcul de la pension de retraite dans le régime général, ne repose plus systématiquement sur les 25 meilleures années de carrière pour les mères. Les nouvelles règles prévues :
Cette modification vise à corriger un biais structurel bien documenté : les années de maternité, de temps partiel lié aux enfants ou d’interruption d’activité pèsent sur le SAM et réduisent mécaniquement la pension. En retirant une ou deux années de la base de calcul, les moins bonnes années sortent du décompte.
L’impact estimé par le gouvernement est d’environ 1 % de hausse moyenne de pension pour les femmes concernées, avec des effets bien plus significatifs pour les carrières ayant connu des interruptions longues ou des baisses de revenus durables liées aux enfants (gains pouvant atteindre 5 à 15 % dans ces cas). Selon les projections, une retraitée sur deux serait gagnante.
La mesure s’applique aux mères relevant du régime général (et des régimes alignés : salariées agricoles, artisanes, commerçantes), nées à partir de 1970 et liquidant leur retraite à compter du 1er septembre 2026. Elle ne s’applique pas aux fonctionnaires, dont le calcul repose sur le traitement des 6 derniers mois.
La LFSS 2026 crée un nouveau congé de naissance d’un à deux mois, s’ajoutant au congé de maternité et au congé de paternité. Il est ouvert à chacun des deux parents pour les enfants nés ou adoptés à partir du 1er janvier 2026.
Ce congé est indemnisé (70 % du salaire net le premier mois, 60 % le second mois selon le projet de décret, qui n’est pas encore paru à ce jour) et peut générer un trimestre assimilé pour la retraite, à condition que la période indemnisée atteigne le seuil requis de 90 jours.
La réforme du cumul emploi-retraite est prévue pour les pensions liquidées à compter du 1er janvier 2027. Elle ne s’applique donc pas encore aux départs de septembre 2026, mais elle influence dès maintenant les décisions de nombreux futurs retraités.
Les nouvelles règles prévues :
Le délai de carence de 6 mois en cas de reprise d’activité chez le même employeur sera supprimé : une simplification notable pour les seniors qui souhaitent maintenir une collaboration après leur départ.
Plusieurs points demeurent en suspens à mi-juillet 2026, du fait de décrets non encore publiés :
Des futurs retraités ayant prévu de partir en septembre 2026 se retrouvent à ce jour dans l’impossibilité de finaliser leur dossier. Selon la CFDT-Retraités, cette situation génère une anxiété réelle : certains assurés ont déjà notifié leur départ à leur employeur sans avoir la confirmation définitive de leurs droits.
Les changements qui entrent en vigueur au 1er septembre 2026 sont nombreux, partiellement encadrés par des décrets encore attendus, et leur application concrète dépend de chaque situation individuelle. Pour les assurés proches de cette date, l’incertitude réglementaire peut avoir des conséquences directes sur la date de départ, le montant de la pension et les démarches à engager dès maintenant.
Chez Perspectives Retraite, nous suivons l’évolution des textes au fil de leur publication et nous accompagnons nos clients dans ce contexte mouvant :
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La réforme des retraites va pouvoir s’appliquer, après la promulgation et la publication au Journal officiel de la loi qui la porte. Qu’en est-il ? Quel impact sur les dispositifs de départ à la retraite ? Êtes-vous concerné ?

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