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Retraite et licenciement économique après 55 ans : quelle stratégie adopter ?

Auteur : Leïla Bikiny
Fondatrice Perspectives Retraite
Temps de lecture : 8 min
Retraite et licenciement économique après 55 ans : quelle stratégie adopter ?

Vous venez d’apprendre votre licenciement économique, ou vous sentez qu’un PSE se profile dans votre entreprise. Parmi toutes les questions qui se bousculent, la retraite est souvent la plus mal anticipée. Or, la période qui s’ouvre entre un licenciement économique en fin de carrière et le départ à la retraite est l’une des plus riches en leviers d’optimisation. Voici le guide complet pour ne pas subir cette transition, mais la piloter.

Table des matières

Licenciement économique après 55 ans : de quoi parle-t-on ?

Un licenciement économique intervient lorsque l’employeur supprime un poste pour des raisons liées à la situation de l’entreprise (difficultés économiques, réorganisation, mutation technologique) et non à la personne du salarié. Ce motif est encadré par le Code du travail et ouvre des droits spécifiques, distincts de ceux d’un licenciement personnel.

Passé 55 ans, les enjeux financiers deviennent particulièrement importants. La proximité de la retraite modifie radicalement le calcul : chaque mois compte, chaque trimestre validé peut faire la différence entre partir à taux plein ou subir une décote définitive.

Deux situations se distinguent selon la taille de l’entreprise :

  • Entreprises de moins de 50 salariés ou moins de 10 licenciements sur 30 jours : procédure individuelle, sans obligation de PSE.
  • Entreprises d’au moins 50 salariés licenciant au moins 10 personnes sur 30 jours : obligation de mettre en place un Plan de Sauvegarde de l’Emploi (PSE), avec des mesures d’accompagnement et des indemnités négociées.

 

Le PSE est votre levier principal de négociation. Pour un senior de 55 ans ou plus avec une ancienneté significative, les indemnités supra-légales peuvent atteindre 6 à 12 mois de salaire dans les grandes entreprises.

 

Les indemnités de licenciement économique : ce que vous pouvez percevoir

 

L’indemnité légale

Tout salarié licencié pour motif économique avec au moins 8 mois d’ancienneté perçoit une indemnité légale de licenciement calculée comme suit :

  • ¼ de mois de salaire par année d’ancienneté pour les 10 premières années ;
  • ⅓ de mois de salaire par année d’ancienneté au-delà de 10 ans.

 

Le salaire de référence retenu est le plus favorable entre la moyenne des 12 derniers mois et la moyenne des 3 derniers mois.

 

Les indemnités supra-légales du PSE

En cas de PSE, des indemnités supplémentaires sont négociées avec les représentants du personnel. Pour un salarié de 55 ans ou plus avec une longue ancienneté, elles peuvent représenter plusieurs mois de salaire en sus de l’indemnité légale.

Point fiscal crucial en 2026 : les indemnités versées dans le cadre d’un PSE sont intégralement exonérées d’impôt sur le revenu, quel que soit leur montant. Cette règle est plus favorable que celle applicable aux licenciements hors PSE, où l’exonération est plafonnée. En revanche, la part supra-légale est soumise à la CSG/CRDS (9,7 %) pour la fraction inférieure à 96 120 € (2 PASS en 2026), et aux cotisations sociales au-delà.

À noter : les indemnités supra-légales déclenchent un différé d’indemnisation chômage. Le calcul : montant supra-légal ÷ 111,8. Ce différé est plafonné à 75 jours dans le cadre d’un licenciement économique — nettement moins que les 150 jours applicables hors motif économique.

 

L’ARE senior : vos droits à l’assurance chômage après 55 ans

 

Ce que la réforme du 1er avril 2025 a changé

La réforme de l’assurance chômage entrée en vigueur le 1er avril 2025 reste pleinement applicable en 2026. Son fil conducteur : aligner progressivement les droits des seniors sur le report de l’âge légal de la retraite à 64 ans. Concrètement, les bornes d’âge donnant accès aux dispositions favorables ont été relevées de 2 ans. Ce sont désormais les règles applicables à la date de fin du contrat de travail (et non la date d’inscription à France Travail) qui déterminent le régime applicable.

 

Les durées d’indemnisation par tranche d’âge

Âge à la fin du contrat Durée maximale d’indemnisation
Moins de 55 ans 18 mois (548 jours)
55 à 56 ans 22,5 mois (685 jours)
57 ans et plus 27 mois (822 jours)

 

Bonne nouvelle pour les 55 ans et plus : depuis le 1er avril 2025, la dégressivité de l’allocation (réduction de 30 % à partir du 7e mois pour les hauts revenus) ne s’applique plus aux demandeurs d’emploi de 55 ans et plus dont l’allocation journalière dépasse 92,12 €.

 

La validation de trimestres pendant le chômage

C’est l’un des points les plus importants et les moins connus : les périodes d’indemnisation chômage permettent de valider des trimestres pour la retraite. La règle est simple : 50 jours d’inscription à France Travail ouvrent droit à 1 trimestre validé, dans la limite de 4 trimestres par année civile. Trois conditions doivent être réunies simultanément :

  • Être inscrit comme demandeur d’emploi (même sans percevoir d’allocation) ;
  • Ne pas avoir repris d’activité ;
  • Avoir été privé involontairement d’emploi (licenciement, fin de CDD…).

 

Pour un senior de 55 ans licencié avec 5 trimestres manquants pour le taux plein, une période de chômage bien gérée peut suffire à combler cet écart — et éviter une décote définitive sur la pension.

 

Le maintien de l’ARE jusqu’à la retraite : conditions et stratégie

C’est le dispositif le plus précieux pour les seniors en fin de carrière. Sous certaines conditions, l’indemnisation peut être prolongée au-delà de la durée maximale théorique, jusqu’à l’obtention du taux plein.

Les conditions cumulatives (2026)

  • Avoir été indemnisé par France Travail depuis au moins 1 an ;
  • Justifier de 12 ans d’affiliation à l’assurance chômage, dont 1 an continu ou 2 ans discontinus au cours des 5 dernières années ;
  • Avoir validé au moins 100 trimestres pour la retraite ;
  • Fournir une attestation de régularisation de carrière délivrée par l’Assurance Retraite.

 

L’âge d’accès au maintien évolue progressivement

Le maintien suit désormais le calendrier de relèvement de l’âge légal de la retraite. Pour les personnes nées à partir de 1968, cet âge est fixé à 64 ans. Pour les générations antérieures, il évolue progressivement par tranches de 2 mois par an. L’indemnisation cesse en tout état de cause à 67 ans (âge du taux plein automatique).

Point de vigilance : l’attestation de régularisation de carrière délivrée par l’Assurance Retraite peut prendre plusieurs mois à obtenir. Elle doit être demandée bien en amont, pour ne pas subir d’interruption d’indemnisation. Vérifier que la mise à jour en cas d’erreur sur votre nombre de trimestres soit bien effectuée. En effet, nombre d’assuré(e)s se voient réclamer un trop-perçu postérieurement à leur retraite par France Travail, car l’Assurance Retraite n’a pas effectué la mise à jour en temps et heure, ce trop-perçu peut être de plusieurs milliers d’euros.

 

Trimestres, décote et rachat : les arbitrages à faire rapidement

Un licenciement économique après 55 ans est le moment idéal pour réaliser un bilan de retraite complet. Les questions à trancher sans attendre :

Combien de trimestres me manque-t-il ? La réponse conditionne toute la stratégie. Si le déficit est faible (2 à 4 trimestres), la période de chômage peut suffire à le combler. Si le déficit est plus important, d’autres leviers sont à envisager.

Le rachat de trimestres est-il pertinent ? Un licenciement s’accompagne souvent d’indemnités importantes et d’une fenêtre fiscale favorable. C’est le moment d’étudier sérieusement le rachat de trimestres : le coût est déductible des revenus imposables de l’année du versement, et l’impact sur la pension peut être significatif.

Faut-il envisager une retraite progressive ? Depuis le 1er septembre 2025, la retraite progressive est accessible dès 60 ans (sous condition de 150 trimestres validés). Elle permet de réduire son activité et de percevoir une fraction de pension, tout en continuant à accumuler des droits. Dans certains cas, elle peut s’articuler avec une reprise d’activité à temps partiel après une période de chômage.

Agirc-Arrco : attention aux points perdus Les périodes de chômage indemnisé ouvrent des droits à points Agirc-Arrco. En revanche, une inscription à France Travail sans indemnisation (ARE épuisée, délai de carence) ne génère pas de points complémentaires. C’est un facteur souvent négligé dans les simulations.

 

Le congé de reclassement : ne pas le négliger

Dans les entreprises d’au moins 1 000 salariés (ou appartenant à un groupe de 1 000 salariés et plus), le PSE doit obligatoirement prévoir un congé de reclassement. Sa durée varie de 4 à 12 mois selon les accords. Pendant ce congé, le salarié perçoit une allocation mensuelle (au minimum 65 % de la rémunération brute antérieure) et reste techniquement salarié.

Pour un senior proche de la retraite, ce congé présente un double avantage souvent sous-estimé :

  • Il prolonge la période de cotisation et peut valider des trimestres supplémentaires ;
  • Son terme décale la date de fin de contrat, et donc le point de départ du calcul de l’ARE, ce qui peut décaler favorablement la date d’épuisement des droits.

 

En résumé : les points clés à retenir

  • Les indemnités versées dans le cadre d’un PSE sont exonérées d’impôt sur le revenu quel que soit leur montant, un avantage fiscal majeur à ne pas négliger.
  • Depuis le 1er avril 2025, la filière senior commence à 55 ans (et non plus 53 ans) ; la durée maximale d’indemnisation atteint 27 mois à partir de 57 ans.
  • 50 jours de chômage indemnisé = 1 trimestre validé pour la retraite (dans la limite de 4 par an) : une règle simple qui peut changer beaucoup.
  • Le maintien de l’ARE jusqu’au taux plein est possible, sous conditions, notamment 100 trimestres validés et 12 ans d’affiliation : anticiper l’attestation de l’Assurance Retraite est indispensable.
  • Un licenciement après 55 ans est le moment idéal pour un bilan de retraite complet : rachat de trimestres, date de départ optimale, retraite progressive.

 

Vous venez d’être licencié après 55 ans ? Perspectives Retraite vous accompagne

Un licenciement économique en fin de carrière soulève des dizaines de questions sur votre retraite et peu de réponses simples. Les règles de l’ARE ont changé en 2025, les conditions du maintien sont strictes, et les arbitrages entre rachat de trimestres, date de départ et retraite progressive sont souvent complexes à démêler seul.

Chez Perspectives Retraite, nous accompagnons régulièrement des salariés en cours de PSE ou fraîchement licenciés. Notre cabinet réalise pour vous :

  • Un bilan de retraite complet tenant compte de votre période de chômage et de vos droits ARE ;
  • Le calcul précis du nombre de trimestres manquants et des leviers pour y remédier ;
  • L’étude du rachat de trimestres dans le contexte fiscal de votre indemnité de licenciement ;
  • La simulation de votre pension à plusieurs dates de départ, avec et sans retraite progressive ;
  • L’accompagnement jusqu’à la liquidation de vos droits si vous le souhaitez.

 

Prenez rendez-vous pour un premier échange offert, parce qu’un licenciement peut aussi être le point de départ d’une retraite mieux préparée.

2 réponses

  1. Après avoir liquidé ma retraite…
    J’ai pu retrouvé un emploi partiel dans une société de transport PMR.
    Salarié depuis 11 ans dans l’activité et 4 ans dans cette dernière société…celle-ci vient d’être déclarée en liquidation judicipaire et je viens de recevoir ma lettre de licenciement économique
    Puis je m’inscrire aujourd’hui en tant que demandeur d’emploi à France Travail ?
    Cordialement

    P. MUNOZ 14/11/1954
    0680087286
    Patricemnz77360@gmail.com

    .

    1. Bonjour,
      Vous pouvez vous inscrire comme demandeur d’emploi, mais vous ne percevrez aucune indemnisation.
      En effet, il n’y a plus d’indemnisation une fois que vous percevez votre retraite, ni au-delà de 67 ans.
      Espérant avoir répondu à vos interrogations.
      L’équipe Perspectives Retraite

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