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Accueil > Fin du statut de conjoint collaborateur : ce qui change au 31 décembre 2026
Le 31 décembre 2026 marque, pour de nombreux conjoints de chefs d’entreprise, la fin d’un statut qui structurait leur protection sociale depuis parfois plusieurs dizaines d’années. Si votre conjoint, partenaire de PACS ou concubin travaille régulièrement dans votre entreprise sans être salarié ni associé, il est urgent d’agir. Voici ce qui change, pour qui, et quelles options sont disponibles, avec un éclairage particulier sur les droits à la retraite.
Le conjoint collaborateur est la personne qui travaille régulièrement dans l’entreprise de son conjoint, sans percevoir de rémunération au titre de cette activité et sans en être associée. Ce statut, prévu par l’article L. 121-4 du Code de commerce, est ouvert aux époux, partenaires de PACS et concubins des chefs d’entreprise artisanale, commerciale ou libérale.
Il permettait au conjoint de bénéficier d’une protection sociale personnelle (notamment en matière de retraite de base, de retraite complémentaire et d’invalidité-décès) sans que l’entreprise soit tenue de verser un salaire. En contrepartie, les cotisations sociales, à la charge du chef d’entreprise, étaient calculées selon une formule allégée.
Ce statut a longtemps été très répandu dans les TPE familiales, les commerces, les cabinets libéraux et les exploitations agricoles. Il concernait dans leur grande majorité des femmes.
La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2022 (loi n° 2021-1754 du 23 décembre 2021) a limité la durée du statut de conjoint collaborateur à 5 ans maximum. L’objectif affiché était de mieux protéger les conjoints en les incitant à opter pour un statut plus protecteur sur le long terme, notamment en matière de retraite.
Concrètement, deux situations se distinguent :
Les conjoints collaborateurs affiliés avant le 1er janvier 2022 (les plus nombreux) peuvent conserver ce statut jusqu’au 31 décembre 2026 au plus tard. C’est l’échéance qui approche. À partir du 1er janvier 2027, s’ils continuent à travailler dans l’entreprise, ils devront obligatoirement relever d’un autre statut.
Les conjoints collaborateurs affiliés à compter du 1er janvier 2022 ont un délai de 5 ans à compter de leur date d’affiliation. Pour ceux qui ont démarré en janvier 2022, l’échéance est donc aussi le 31 décembre 2026.
Exception importante : les conjoints nés en 1964 ou avant et affiliés avant le 1er janvier 2022 peuvent conserver le statut de conjoint collaborateur jusqu’à la liquidation de leurs droits à la retraite, à condition d’atteindre l’âge de 67 ans au plus tard le 31 décembre 2031. Cette dérogation mérite d’être vérifiée individuellement : elle peut repousser sensiblement l’échéance pour les couples dont le conjoint approche de la retraite.
Point de vigilance : à défaut de démarche avant l’échéance, le statut de conjoint salarié est appliqué automatiquement à partir du 1er janvier 2027. Ce n’est pas neutre : cela implique un contrat de travail, une rémunération au moins égale au SMIC et les obligations qui vont avec. Mieux vaut anticiper ce choix plutôt que le subir.
Trois statuts peuvent remplacer celui de conjoint collaborateur. Chacun présente des caractéristiques très différentes, notamment en matière de retraite.
Le conjoint travaille sous la subordination du chef d’entreprise, dans le cadre d’un contrat de travail, avec une rémunération au moins égale au SMIC horaire. Il bénéficie de l’ensemble des droits du régime général : maladie, chômage et surtout retraite complète (retraite de base et Agirc-Arrco) calculée sur la base du salaire versé.
C’est le statut le plus protecteur sur le long terme, notamment pour la retraite. Il génère des droits propres, solides et calculés selon les mêmes règles que tout salarié du privé. En revanche, il représente un coût réel pour l’entreprise : charges patronales, obligations liées au contrat de travail, formalités auprès de l’Urssaf.
Le conjoint entre dans le capital de la société (SCP, SELARL, SAS, SARL…) et devient co-dirigeant ou associé. Ce statut est possible uniquement si la structure juridique de l’entreprise le permet.
La protection sociale dépend alors du statut retenu : assimilé salarié pour les gérants minoritaires ou égalitaires de SARL, SAS, etc. ; régime TNS pour les gérants majoritaires de SARL. La retraite est calculée selon le statut ainsi déterminé.
Cette option suppose des formalités sociétaires (modification des statuts, entrée au capital) et une réflexion patrimoniale approfondie : elle ne se décide pas en urgence.
Pour les conjoints nés en 1964 ou avant remplissant les conditions décrites plus haut, la conservation du statut jusqu’à la retraite reste possible. Si c’est votre cas, vérifiez précisément votre situation avant toute démarche.
C’est le point le plus important pour les personnes concernées : les années passées sous statut de conjoint collaborateur ont-elles généré des droits à la retraite, et sont-ils préservés ?
Les cotisations versées sous statut de conjoint collaborateur ont bien généré des droits à la retraite de base (régime général) et à la retraite complémentaire (Agirc-Arrco). Ces droits sont définitivement acquis : ils figureront sur le relevé de carrière et seront pris en compte au moment de la liquidation, indépendamment du changement de statut.
En revanche, la qualité de ces droits dépend de la formule de cotisation qui avait été choisie au moment de l’affiliation.
Lorsqu’un conjoint choisissait ce statut, il devait opter pour l’une des trois formules suivantes :
Point de vigilance : un dispositif permettait de racheter certains trimestres non cotisés effectués sous statut de conjoint collaborateur. Ce dispositif de rachat spécifique est fermé depuis le 31 décembre 2020. Il n’est plus possible de l’activer.
Pour les conjoints collaborateurs qui approchent de la retraite, les années passées sous ce statut (avec des cotisations souvent réduites) peuvent laisser des lacunes importantes sur le relevé de carrière : trimestres validés mais avec des revenus reportés très faibles, SAM tiré vers le bas, points Agirc-Arrco insuffisants.
Le changement de statut vers le salariat, opéré même dans les dernières années d’activité, peut significativement améliorer la situation. Chaque année de cotisation sur un salaire réel génère des trimestres cotisés et des points Agirc-Arrco supplémentaires, avec des effets directs sur le montant de la pension et sur les conditions d’accès au taux plein.
Le changement de statut se fait en ligne sur le guichet unique des formalités des entreprises (formalites.entreprises.gouv.fr), par le chef d’entreprise. La démarche est relativement simple sur le plan administratif, mais le choix du statut de destination mérite réflexion.
Les étapes à suivre :
À noter : si aucune démarche n’est effectuée avant l’échéance, le statut de conjoint salarié s’applique automatiquement, avec les obligations qui en découlent.
Le changement de statut imposé par la loi est aussi une opportunité de faire le bilan des droits à la retraite acquis sous statut de conjoint collaborateur et d’identifier ce qu’il est encore possible d’améliorer avant la liquidation.
Chez Perspectives Retraite, nous accompagnons les conjoints dans cette transition :
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